Military History Books
by Harold A. Skaarup   www.SilverHawkAuthor.com   
 
Artillery preserved in Canada 6: Québec, Saint-Jean-sur-Richelieu, Collège militaire royal de Saint-Jean

Artillery preserved in the province of Québec,

Saint-Jean-sur-Richelieu,

Collège militaire royal de Saint-Jean (CMR), 

et Le Musée du Fort Saint-Jean

Data current to 21 Dec 2018.

The aim of this website is to locate, identify and document every historical piece of artillery preserved in Canada.  Many contributors have assisted in the hunt for these guns to provide and update the data found on these web pages.  Photos are by the author unless otherwise credited.  Any errors found here are by the author, and any additions, corrections or amendments to this list of Guns and Artillery in Canada would be most welcome and may be e-mailed to the author at hskaarup@rogers.com.

For all official data concerning the Royal Regiment of Canadian Artillery, please click on the link to their website:

Royal Regiment of Canadian Artillery Website

Une traduction au français pour l'information technique présente serait grandement apprécié. Vos corrections, changements et suggestions sont les bienvenus, et peuvent être envoyés au hskaarup@rogers.com

Canadian field batteries were combined to form the Royal CanadiaField Artillery (RCFA), which in 1905 became the Royal Canadian Horse Artillery (RCHA).  The garrison companies would become the Royal Canadian Garrison Artillery (RCGA).

Les batteries de campagne seront amalgamées plus tard au sein de la Royal Canadian Field Artillery (RCFA) qui, en 1905, deviendra la Royal Canadian Horse Artillery (RCHA): pour leur part, les compagnies de garnison donneront la Royal Canadian Garrison Artillery (RCGA).

Saint-Jean-sur-Richelieu, Collège militaire royal de Saint-Jean (CMR), et Le Musée du Fort Saint-Jean, 15, rue Jacques-Cartier Nord.

 (Author Photos)

Cast Iron 3-½ pounder Smoothbore Muzzleloading Gun, weight and maker unknown, mounted on a wood naval gun carriage, 6-feet 7-inches long, small ring on the button, no numbers visible.  No. 1 of 3 guns mounted on the ramparts facing North near the main gate to CMR. 

Pour cette bouche à feu, seuls le calibre et les dimensions peuvent nous guider, puisque aucun marquage n’est visible. Le canon fait 6 pieds et 7 pouces de long, pour un calibre de plus ou moins 3,5 pouces. Dans l’artillerie britannique, ce calibre correspondrait au canon de 5 livres et quart, dont le boulet devait faire environ 3,34 pouces. Si nos calculs sont exacts et qu’il s’agit bien de ce canon, force est de constater qu’on ne peut aller plus loin; en effet, Mc Connell (1989) ne fait que mentionner ce canon, pour dire qu’il demeure une énigme et que ce calibre avait disparu au milieu du XIXème siècle. Cette rare information est d’autant plus inexplicable que l’auteur mentionne du même souffle un canon de bronze et un de fer pour ce calibre, sans autre précision. Étrange aussi que l’artillerie britannique possède un canon de 4 livres, un de 5 livres et quart ( qui nous intéresse) et un de six livres, tous calibres assez proches, alors que la pièce de quatre livres et celle de six livres pouvaient sans doute remplir les mêmes fonctions. Une possibilité serait que ce canon, qui ne possède pas de monogramme royal, soit une pièce plus ancienne ayant été conservée dans l’inventaire britannique, car certains canons coulés sous le règne de la reine Anne (1702- 1714) en sont exempts (Mc Connell 1989 : 97). Cette hypothèse n’explique cependant pas que des exemplaires en bronze et en fer aient survécu en assez grand nombre pour figurer dans l’inventaire de l’ordonnance britannique en 1825. Une autre explication pourrait être que ce canon non-identifié soit une prise de guerre, mais il ne s’agit que d’une supposition en l’absence d’autres éléments. Si on se base sur les dimensions des canons de 6 livres, le canon dont il est question ici devait sans doute peser autour de 1500-1600 livres.

  (Author Photo)

Blomefield Cast Iron 24-pounder 50-cwt Smoothbore Muzzleloading Gun, weight corroded, King George III cypher, mounted on a concrete carriage.  No. 2 of 3 guns mounted on the ramparts facing North near the main gate to CMR.

L’exemplaire en place porte le monogramme royal de George III prouvant qu’il fut fabriqué sous le règne de ce dernier, se terminant en 1820. D’ailleurs, le tourillon gauche porte le marquage CARRON 1811, indiquant son année de fabrication par la firme Carron, établie près de Falkirk en Écosse. Par contre, les chiffres 7773 , étampées sur le même tourillon, restent mystérieux; il ne s’agit sans doute pas du poids, puisque selon McConnell 1989 :77-81, les diverses pièces de 24 livres ne dépassaient guère 52 quintaux (5 200 livres), et ce pour le modèle de 10 pieds. Le canon du Fort Saint-Jean, de 9 pieds, ne devait vraisemblablement peser « que » 47 quintaux et 3/4 (4775 livres), excluant son affût, bien sûr. Le tourillon droite est quant à lui étampé 24 Pr, pour « 24 pounder ».

 (Author Photos)

Cast Iron 4-pounder 12-cwt Smoothbore Muzzleloading Gun, weight 12-2-0 (1,400 lbs), King George II cypher heavily corroded.  Mounted on a wood naval gun carriage.  No. 3 of 3 guns mounted on the ramparts facing North near the main gate to CMR. 

Ce canon de fonte, qui a sans doute séjourné dans l’eau en raison de l’importante détérioration de la surface du métal, représente sans doute une pièce de quatre livres. Bien que le diamètre de la bouche ait été rendu irrégulier par la corrosion, le calibre faisait sans doute entre 3,10 et 3,20 pouces. Il porte un monogramme royal couronné, moulé en relief sur le dessus entre les tourillons, mais il est impossible de Obusier de 24 livres en bronze : à gauche, monogramme de George Murray, à droite, celui de le reine Victoria. l’attribuer directement à George II ou George III. Toutefois, sa longueur (6,13 pieds) et son poids, (1250 livres, indiqué par les chiffres 12-2-0 sur la culasse), correspondraient à un « quatre livres » modèle court destiné à la marine, sans doute fabriqué vers le milieu du XVIIIème siècle; si c’est bien le cas, on pourrait l’attribuer au règne de George II, puisque celui-ci décède en 1760. L’ancienneté de ce canon semble confirmée par le fait que les canons de quatre livres conçus après 1780 sont encore plus courts, ne dépassant pas 5 pieds de long.

 (Author Photos)

Cast Iron 24-pounder 15-cwt Smoothbore Muzzleloading Howitzer, weight 15-0-17 (1,697 lbs), (L) on the left trunnion, (Serial No. 42) on the right trunnion, mounted on an iron garrison carriage, weight 15-2-16 (1,752 lbs).  No. 1 of 2 in front of the Officer’s Mess.

Obusiers de fonte de 24 livres.  Il est identique au premier décrit, sauf en ce qui concerne le chiffre « 45 » sur le tourillon droit, et le poids indiqué sur l’affût, indiqué par les chiffres 15-2-16. Ce dernier doit donc peser 1566 livres, soit un peu plus que son voisin de droit.

Ces deux obusiers en fonte font partie d’un type qui aurait été conçu pour équiper les tours Martello, et furent surtout utilisés dans la défense de garnisons. Les premières mentions d’obusiers de garnison de 24 livres en fonte dateraient d’autour de 1810, mais on possède un dessin à l’échelle daté de 1853 seulement. Leur appellation de « 24 livres », qui devrait normalement désigner le poids de l’obus qui leur était destiné, reste plutôt nébuleuse. Cet obus, de 5 pouces et demie de diamètre pesait en fait 15 livres, tout en étant désigné comme « 5 pouces et demie ou 24 livres » dans une table de projectiles d’artillerie datée de 1825 (McConnell 1989 : 314). Cette pièce ne semble toutefois pas avoir été beaucoup utilisée et il en restait encore quelques exemplaires en 1864, époque à laquelle on la considérait cependant comme périmée. Les dimensions des pièces du Fort Saint-Jean correspondent tout à fait à celles données dans McConnell 1989 :165-167 : diamètre de l’âme de 5,7 pouces (14,4 cm. ), longueur de 40 pouces (correspondant presque exactement à 7 calibres).

 (Author Photos)

Cast Iron 24-pounder 15-cwt Smoothbore Muzzleloading Howitzer, weight 15-0-26 (1,706 lbs), (L) on the left trunnion, (Serial No. 45) on the right trunnion, mounted on an iron garrison carriage.  No. 2 of 2 in front of the Officer’s Mess.

Le tube de l’obusier lui-même porte peu de marquages, soit simplement la flèche de l’ordonnance britannique sur le dessus de la culasse 1 , la lettre « L » sur le tourillon droit, et « 42 » sur le gauche, cette indication marquant peut-être l’année de coulage de la pièce, soit 1842. L’obusier repose sur son affût d’origine , marqué 24 Pr HOWr (24 pounder howitzer) C&H (sans doute les initiales du fondeur) , ainsi que le poids, 15-2-0. Ces derniers 1 Pour la terminologie des diverses parties, voir le dessin à la fin de l’article. Canon de 24 livres. chiffres sont intéressants : le premier indique le nombre de quintaux (1 quintal = 100 livres), le second les quarts de quintaux , et le dernier les livres. L’affût pèse donc : 1 500 livres, + 50= 1550 livres. On trouve d’ailleurs souvent ces inscriptions sur les canons, mortiers ou obusiers eux-mêmes, mais ce n’est pas le cas ici, seul l’affût exhibe son poids. On sait cependant que ces obusiers pesaient entre 13 et 15 quintaux, soit de 1300 à 1500 livres. La pièce et son affût pesaient donc ensemble plus de 3000 livres.

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German First World War 7.7-cm Feldkanone 16 (7.7-cm FK 16), (Serial Nr. 14585).  This gun was captured on 27 Sep 1918 by the 87th Battalion (Canadian Grenadier Guards), 11th Infantry Brigade, 4th Canadian Division, Canadian Expeditionary Force (CEF), on the sunken road SW of Bourlon, France. 

Ce canon baptisé feldkanone 16 ou FK 16 apparut dans l’artillerie allemande en 1916, après que l’armée eut constaté les lacunes du modèle précédent, le FK 96 NA (feldkanone 96 neues Art). Ce premier modèle, apparu en 1896, ne possédait pas la portée des canons français équivalents, ce qui entraîna la nécessité de concevoir le FK 16. La pièce tirait divers type de projectiles : shrapnel, explosifs, fumigènes, éclairants, etc., d’un poids maximal de 6 kg, avec une portée maximale de 11 000 mètres (vs 7 000 mètres pour le FK 96). Après la Grande Guerre, ces canons furent les seules pièces d’artillerie que l’Allemagne fut autorisée à conserver. Ce modèle poursuivit sa carrière dans les années 20 et 30, étant recalibré en 75 millimètres, qui était le format courant des canons de campagne de la plupart des autres nations. Comme tel, ce canon servit encore dans des unités de second échelon et certains exemplaires participèrent même à la bataille de Normandie (Tubergue, 1985 : 996). L'exemplaire du Fort Saint-Jean montre de nombreux marquages, certains à peine discernables sous de nombreuses couches de peinture, la plupart difficiles à déterminer avec précision. On peut donc en conclure que ce canon fut construit, utilisé et capturé entre 1916 et la fin de la guerre en 1918.

 (Author Photos)

Canadian Vickers de Montréal BL 6-pounder saluting gun from HMCS MacKenzie, mounted on an iron deck stand facing the river.  B/R No. L/17117, T G – 1966.

Ce petit canon porte une plaque signalant qu’il s’agit « d’un canon de signalisation navale de 6 livres, enlevé du HMCS MacKenzie en 1970 ». Il possède plusieurs marquages dont certains sont illisibles, en raison des nombreuses couches de peinture appliquées au cours des années. Le HMCS MacKenzie était un destroyer d’escorte, construit par la Canadian Vickers de Montréal. Entré en service en 1962, il donna son nom à une classe de destroyers comprenant le Saskatchewan, le Yukon, le Qu’Appelle ainsi que le MacKenzie lui-même. Destiné principalement au lancement de charges anti-submersibles, il était aussi équipé de deux ensembles de deux canons jumelés de 3 pouces (76,2 mm), pour la défense anti-aéronefs. L’un de ces ensembles était constitué de canons de 50 calibres de longueur (3,81 mètres) , l’autre de canons de 70 calibres (5,33 mètres), tous deux de conception britannique. Le canon du Fort Saint-Jean ne correspond pas aux armes susmentionnées, puisque son calibre ne fait que 55 mm et sa longueur 2,59 mètres; il était sans doute utilisé pour la signalisation et le tir de semonce. Quant au bâtiment, sa fonction changea pour devenir un navire-école en 1972, opération au cours de laquelle le canon de signalisation a probablement été détourné de sa fonction originale, puisque c’est en 1970 qu’il fut enlevé, selon sa plaque d’identification. Le destroyer lui-même fut tout de même largement modernisé en 1983, avant d’être déclassé en 1993. Deux ans plus tard, il fut vendu à une société privée, la Artificial Reef Society de Sydney, Colombie-Britannique, qui le décontamina et le fit couler au large de Sydney, dans le dessein de créer un récif artificiel pour la pratique de la plongée sous-marine.

 (Author Photos)

17-pounder QF Towed Anti-Tank Gun, No. 1 of 2, NW corner of the parade square.  The RCA held 138 of these guns.

 (Author Photos)

17-pounder QF Towed Anti-Tank Gun, No. 2 of 2, NE corner of the parade square.

Ce canon britannique sortit de chaînes d’assemblages en 1942 et faisait suite à la prise de conscience par l’armée britannique que les blindés allemands étaient devenus de plus en plus protégés. Comme on manquait d’affûts pour les utiliser, certains furent montés sur des affûts de canons de campagne de 25 livres, avant que la production de l’équipement requis fut au point. Leur désignation temporaire était à ce moment « Ordnance QF 17/25, mais leur véritable appellation était « Ordnance, QF de 17 livres ». C’était une arme de 76,2 mm de calibre, assez lourde, mais à profil bas et pouvant soutenir une cadence de tir importante si besoin était. Ce canon représentaint l’une des armes antichar les plus puissantes dont disposaient les Alliés durant la Deuxième Guerre Mondiale, et la plupart des armées l’utilisèrent. L’exemplaire du Fort Saint-Jean porte une plaque avec l’inscription : « Canon antichar britannique calibre 17 livres 76,2mm). Nous ignorons à quelle période ces canons cessèrent d’être employés, mais le développement rapide des missiles antichar en a certainement rendu l’usage moins fréquent à partir des années 1960.

(Normand Roberge Photos)

 (Terry Honour Photo )

Bronze 24-pounder 18-cwt Smoothbore Muzzleloading Gun, markings partly erased possibly from damage when it was laying in the Richelieu River.  The gun was recently mounted on a wheeled wood carriage.  Monogram of George Murray and Queen Victoria cypher.

Obusier de 24 livres en bronze : à gauche, monogramme de George Murray, à droite, celui de le reine Victoria.  Cette pièce représente un excellent exemple des modèles d’obusiers des campagne du XIXème siècle. Les premiers obusiers de ce type sont entrées en service vers 1820 dans l’armée britannique, et leur calibre est passé de 5,66 pouces à 5,7 pouces vers 1830, comme l’exemplaire du fort Saint-Jean. Nous pouvons être certains que cette pièce date d’après 1837, puisqu’elle porte le monogramme de la reine Victoria, régnant à partir de 1837. Cet obusier « de 24 livres » (voir la discussion sur le « 24 livres » au début du rapport), de même qu’un autre semblable de « 12 livres », fut conçu par William Millar pour remplacer les modèles précédents, plus courts. En fait, la longueur de 10 calibres (10 fois 5,7 pouces, ou 57 pouces) rapproche ces obusiers des canons-obusiers de la même époque. Destinés à l’artillerie de campagne, les pièces comme celle du fort Saint-Jean étaient à l’origine montées sur affût de bois à roues, pour un déplacement aisé. Les deux obusiers de Millar ( de « 12 » et « 24 » livres) se déclinaient aussi en version de service naval, se distinguant par l’ajout d’un anneau à la cascabelle et quelques autres détails peu apparents.

Il est maintenant temps de décrire les marquages de cet obusier ; sur le premier renfort, on peut voir le monogramme de la reine Victoria reposant sur une banderole portant la devise: DIEU ET MON DROIT, le tout surmonté d’une couronne en relief. De plus, un autre monogramme est visible sur la volée : il s’agit d’un G et d’un M stylisés, entourés de la devise de l’ordre du Bain, TRIA JUNCTA IN UNO. Une croix de Malte est suspendue à la partie inférieure de la banderole. Il s’agit vraisemblablement du monogramme de sir George Murray, grandObusier de 24 livres en bronze. maître de l’ordonnance ( Master general of the ordnance , MGO), puisqu’il est courant, depuis le XVIIIème siècle, d’intégrer aux pièces d’artillerie le monogramme de ce fonctionnaire haut gradé. Ce symbole peut parfois être surmonté d’un diadème (coronet), si le personnage en question possède un titre de noblesse, ce qui ne semble pas être la cas ici. Sir George Murray occupa le poste de grand-maître à deux reprises : de décembre 1834 à mai 1835, puis de septembre 1841 à juillet 1846. La présence de sa « signature » sur cet obusier, en conjonction avec le monogramme de la reine Victoria nous indique qu’il a été coulé au cours de sa seconde période en fonction, de même que la devise de l’ordre du Bain signifie aussi l’appartenance de Sir George Murray à cet ordre de chevalerie, fondé par le roi George Ier. On voit aussi la flèche de l’ordonnance sur le second renfort. D’autres marquages furent impossibles à interpréter : le premier, NORTH 18, est visible sur le bourrelet de culasse ; le second, arborant les chiffres 2 et 3 séparés chacun par une petite étoile, apparaissent sur la ceinture séparant le premier et le second renfort. En terminant, nous ne pouvons passer sous silence la rareté de telles bouches à feu en bronze, ce qui rend leur conservation d’autant plus importante. Par exemple, sur les 169 pièces d’artillerie dans l’ensemble des lieux et Parcs historiques nationaux gérés par Parcs Canada, il n’existe en tout et pour tout que 10 canons et deux mortiers de bronze.

 

 (Terry Honour Photos)

Bronze 3-pounder 3-cwt Smoothbore Muzzleloading Gun, weight 3-0-3 (339 lbs), Serial No. 439, IH King (John and Henry King), 1810, Monogram of Lord Chatham Chief of Ordnance (1807-1810), and King George III cypher, inside the Fort St Jean Museum.

Canon de 3 livres en bronze.  Ce canon, placé à l’intérieur du musée, possède un calibre de ± 2,95 pouces (7,5 cm), correspondant à la pièce britannique de trois livres en bronze, dont le calibre original faisant 2,91 pouces pour être légèrement augmenté à 2,95 pouces vers 1845. Plusieurs versions de cette arme virent le jour entre 1720 et 1859, et certains modèles étaient encore en service en 1881. Le canon du musée porte la marque des fondeurs John et Henry King et la date 1810 sur la ceinture du premier renfort (I & H King 1810), ainsi que les chiffres romains CCCCXXXI sur la ceinture du second renfort. On peut aussi voir sur le premier renfort le monogramme royal de George III couronné et entouré du symbole de la jarretière, renfermant l’inscription HONNI SOIT QUI MAL Y PENSE. Quant à la volée, elle est frappée d’un autre monogramme, cette fois avec la lettre C, et toujours entouré du symbole de la jarretière et de la devise HONNI SOIT QUI MAL Y PENSE.

Cette dernière marque constitue le sceau du deuxième comte de Chatham, John Pitt, qui fut du grand maître de l’ordonnance britannique du 4 avril 1807 au 5 mai 1810. On peut donc en conclure que la pièce fut coulée dans les premiers mois de l’année 1810. Le canon de trois livres fut fabriqué en diverses longueurs et donc en différents poids, les plus gros mesurant six pieds de long et pesant six quintaux (672 livres), les plus légers ne faisant que trois pieds de long pour un poids d’à peine deux quintaux et demie ( 280 livres). L’exemplaire du musée semble correspondre à l’un des deux modèles conçus par Thomas Blomefield vers les années 1790; il est toutefois légèrement plus court que celui de Blomefield (4 pieds vs 4 pieds et 1,5 pouces), mais un peu plus lourd, à quatre quintaux trois quarts et 9 livres (tel qu’indiqué sur le tourillon droit par les chiffres N 4-3-9), vs quatre quintaux et demie (McConnell 1898 :52). Nous savons également qu’il existe à la même époque un autre canon de longueur identique, portant la même date et la marque du même fondeur (John et Henry King), mais pesant seulement un peu plus de trois quintaux, et dont nous ignorons le concepteur (McConnell 1898 :53).  Ces canons furent conçus pour un déplacement sur affût mobile de campagne, et le poids total de la pièce avec son caisson d’équipement et de munitions pouvait atteindre 12 quintaux (1344 livres) ( Hughes, 1969 :73). Après les guerres napoléoniennes, il semble que l’armée britannique n’ait conservé en service que la version légère de ce canon de trois livres, en tant que pièce de montagne et de service colonial. Son boulet pouvait porter à 1200 verges au maximum (un peu plus de 1 000 mètres), sous une élévation de 4 degrés.  (Ouvrages consultés Hughes, B.P., British smoothbore artillery, Harrisburgh, Stackpole Books, 1969. McConnell, David, L’artillerie lisse britannique: une étude technologique, Ottawa, Service canadien des Parcs, 1989. Tubergue, Jean-Pierre, L’encyclopédie des armes, les forces armées du monde, Paris, Éditions Atlas, 1986).  Rapport d’identification des canons Michel Brassard, Services archéologiques / Service du patrimoine culturel Centre de service du Québec Parcs Canada Avril 2007.

 (Terry Honour Photos)

155-mm M109 SP Howitzer, CFR 85-34825, located at CMR St Jean.  It is located in the north West corner of the college (visible from the road).